Et tu as honte, comme Ève et comme Adam lorsque près de s’évader par la grande porte, la porte du Péché, de leur Paradis terrestre, ils s’aperçurent qu’ils étaient nus:

Tu viens de t’apercevoir que tu es habillée.

N’aie pas honte, chérie. Tu es très bien comme ça, c’est comme ça que je t’ai aimée, c’est comme ça que j’ai senti que tu m’étais nécessaire et fatale et c’est avec cette robe que tu entras pour l’emplir, dans le paysage de mon âme.

Tu interroges des yeux les murs de cette chambre.

Tu les connais.

Tu es déjà venue ici.

Nous nous sommes rencontrés en voiture, il est vrai, la première fois, lorsque tu retombas dans cette ville et dans mon amour. C’était une concession que nous faisions aux usages établis. Mais la voiture se transforma et les pavés aussi et ce fut une promenade parmi une cité imprévue car le cocher prit des rues, des avenues et des boulevards qui, la brume s’épaississant, semblaient sortir des limbes pour précéder notre amour et pour courir derrière lui.

Et nous descendîmes de cette voiture de mystère à la porte d’une gare.