Je t’ai demandé si tu allais bien: tu vas bien. Je t’ai demandé si tu étais contente: tu es contente.
Je n’ai plus rien à te dire.
Mais c’est plus fort que moi: ma vieille sensiblerie me reprend. J’ai envie de m’émouvoir et envie de pleurer, à te voir. Et, de ma voix des soirs de reproche, de gronderie, de bouderie et de lassitude à deux, je gémis: «Hélène!»
Elle me regarde de ses yeux qui gouaillent gentiment et qui dansent, comme une gamine qui fait danser un petit voisin, pour le consoler, et de sa voix de courage, de sa voix décidée, de sa voix de combat, elle interroge: «Qu’est-ce que vous avez, mon pauvre Maheustre?»
Je n’ai rien: j’ai tout, le cœur le plus trouble, le plus vague, le plus grouillant du monde. Ça ne s’exprime pas.
Je répète: «Hélène!»
—Voyons, voyons! Soyez sérieux.
—Je suis sérieux, Hélène. J’aime.
—Ah! encore!