Prise toute par tes entrailles, tu ne m’appartenais plus autant, ne t’appartenant plus à toi. Tu es presque effrayée de mon émotion: tu me dis que tu crois, seulement, que tu n’oses croire.

Je suis sûr, moi!

Sûr!

Des indices médicaux, en cette chose de sentiment, de miracle, de ciel!

Tu regardais en toi, chérie, et le miracle commençant et hésitant te saisissait, te pétrissait, pétrissait de la tendresse de ton cœur, de tes regards, de tes sourires, de ton infini, de tes caresses, ce sourire, cette caresse, ce regard que tu appelleras plus tard ton enfant. Tu n’avais plus de regard pour moi, de caresses pour moi: merci.

J’ai posé mon visage en larmes et mes lèvres mouillées de larmes sur le haut de ta jupe: Je voudrais, à travers ton vêtement, retrouver de mes lèvres les regards, les mots d’amour, les sourires et l’infini que tu ne m’as pas donnés, je voudrais faire passer, de mes lèvres, de mon âme, de mes yeux et de mes entrailles, au miracle hésitant, mes sourires à moi et mes mots d’amour et mon infini et mes larmes aussi qui cimentent.

Chérie, tu me parlais de choses et d’autres, d’amis, d’amies, de dîners, tu me disais ce que faisait ton mari en son voyage, ses succès ici et là, tu me parlais de tout, excepté de toi: babil qui m’est cher maintenant, babil dont tu masquais, sans savoir, le vide saint, le vide fécond de ton être en travail, en possession!

Les chers enfants du mois dernier, d’il y a un mois, qui m’escortèrent, qui me précédèrent de leurs prophéties!

Et tous les sourires d’enfants qui me sourirent dans ma vie me reviennent et je revois, à en pleurer plus fort, un enfant de pauvre, tout petit, qui me retint de son sourire fixe et de ses yeux aimants en un omnibus de jadis, depuis la gare Montparnasse jusqu’au fond de Ménilmontant.