Et il y a, il y a qu’elle est enceinte.
C’est impossible!
Son ventre n’aurait pas crié pour moi! son ventre ne l’aurait pas prise à la gorge! son ventre n’aurait pas violemment étreint son cœur! oh! quelles images incohérentes et comme elles m’apparaissent éloquentes et vivantes!
Elle a écrit.
Elle m’a repris son enfant, d’avance.
Elle me l’a tué, d’avance.
Elle m’a chassé de mon enfant.
Mon enfant! Mon enfant!
J’ai la lèvre pleine et meurtrie encore des baisers de ma maîtresse, j’ai les mains fiévreuses de caresses anciennes, de caresses proches et des caresses aussi qu’elle me vole en ce moment, j’ai le corps las du poids du corps ami, j’ai cette femme dans les yeux, dans les lèvres, dans les mains, dans le cœur, dans le sang, puisqu’il faut, en amour, parler comme les charretiers, et, de ma douleur énorme, de ma douleur massive, de ma douleur brutale et bestiale, s’élève une douleur plus haute, une douleur plus pure, une douleur pure et si âpre, si profonde! la quintessence de ma douleur, et elle va à toi, petit enfant, comme un long et frêle baiser tout au bord de la mort.
Console-moi.