Contrainte et forcée.
Contrainte et forcée...
Ça chante pour moi comme un refrain... Contrainte et forcée.
Ah! ils triomphent, nos ennemis! Tristan, Yseult, vous pouvez promener par le monde l’orgueil vierge d’avoir fait du mal. Vous pouvez, du sang de nos deux cœurs et du deuil de nos deux cœurs vous faire un manteau rouge et un manteau noir et vous pouvez même, en nos larmes, vous laver du mal que vous nous avez fait. Il ne vous en restera plus, la honte et la gêne perdues, que la gloire et la volupté.
Et je ne veux pas songer à vous, je n’ai pas la force de m’indigner, je n’ai pas la force de vous juger, et je ne veux pas mêler le mal à ma douleur.
Il me semble que je me lamente en dehors de moi, que je pleure pour les autres, que je pleure pour toute la terre. Le pâle soleil est baigné et luisant de larmes, il sourit comme on sourit à une veuve et toute la journée est molle comme la mélancolie.
Les désespérances ne sont pas roides: l’affaissement, la misère les courbent, ne les brisent pas, les plient un peu; ma tristesse s’abandonne et s’abandonne trop ici.
Et je ne trouve plus rien.
M’en aller, marcher, marteler ma douleur, devenir néant.