Vous savez comment ça s’appelle: ça s’appelle la folie.

Ça consiste en des idées fixes autour d’une idée fixe—ou d’une image. Ce sont d’ailleurs des idées fixes qui bougent, qui dansent, c’est une ronde, une sarabande d’idées fixes, des mots qui reviennent, qui se suivent et qui m’étouffent en ma chambre trop étroite, et, au milieu, au bord, un élan vers mon épée qui sommeille toute droite et grave et qui se laisse regarder quand je la regarde, sans me donner un conseil et sans me déconseiller.

Et, en ce cauchemar, c’est, comme un vomissement, des larmes qui s’arrêtent, qui me brouillent les yeux et qui refusent de jaillir.

Je pleure en dedans.

D’ailleurs, je me suis réfugié, je me suis terré en moi-même.

Et je suis secret même pour moi. Je ne parle plus, je ne pense même plus, je suis le sarcophage désolé de moi-même.

Et toi, chérie, je ne pense plus à toi. Je ne puis me représenter ton visage, tes traits, tes cheveux.

Je t’ai en moi, si profondément! Je t’ai en moi! Je t’ai en moi! Et, tous deux, dans le mystère de mon enveloppe terrestre, en dedans, nous nous aimons, nous nous aimons, chérie, et si ingénieusement que je n’en sais rien.