Et je ne connais plus que l’immense souffrance, maligne église qui enserre le monde: elle ne garde pas de fidèles et n’a pour prêtres que des infirmiers et des sœurs converses qui montent au ciel par l’escalier de service.
VIII
LA FIN
...Voici que je meurs.
On ne sait pas que je meurs.
Et comment le saurait-on? Je me suis terré ici, en notre chambre, pour souffrir et pour mourir.
Et ça n’est pas un événement.
Personne n’est à mon chevet pour me verser le subtil élixir d’un sourire ou pour m’offrir encore un reflet, un regain de vie en la caresse d’un regard aimant. C’est que ma concierge se promène puisque c’est dimanche et c’est aussi que, loin, je ne sais où, ignorante et insoucieuse de mon angoisse, une frêle créature, alitée elle aussi, souffre comme moi, halète comme moi, est presque aussi pâle et plus en sueur que moi, parmi un concours de médecins et d’amis, devant le monde entier, et que, de sa souffrance, de sa pâleur, de sa sueur, une existence va naître.