Ah! reste nue puisque tu as voulu être nue!
Mais tu as ton idée. «Tu ne me dis pas l’heure.»
Je ne sais pas, chérie. J’ai voulu te défendre contre l’heure, j’ai voulu être défendu par toi contre l’heure. Le rempart jumeau, le double rempart de nos corps contre l’heure, l’heure mesquine qui amène en sourdine la fatigue, la vieillesse et la mort...
Tu t’entêtes.
«Quel enfant! Mais mon petit, il faut cependant que je sache l’heure.»
Il faut aussi que nous soyons heureux.
Mais l’heure, ton heure, je veux te la jeter. Tu t’en couvriras les épaules comme d’un manteau de misère, tu égrèneras toutes ses secondes comme une pluie de cendres sur la cendre de tes cheveux; mais c’est rageusement que je retourne la prendre, d’une traite, entre deux baisers et ton baiser encore tiède sur moi, m’enveloppant tout entier contre l’air froid de la rue... «Oui, il est temps que je parte. Il est grand temps.»
Le temps! le temps! c’est comme une profanation, c’est comme un vieillard qui se glisse entre notre amour et qui te tire, hypocrite, par les cheveux, par les épaules...
Tu es levée.