Chérie, chérie, avais-tu songé à ce jour?

Nous aurions pu nous posséder depuis si longtemps!

Voici des jours et des jours où un peu de bonne volonté nous aurait suffi pour être humainement amants comme nous étions amants pour les dieux et pour l’au-delà. Il ne nous manquait que l’occasion et l’occasion est si facile!

Nous avons attendu, nous nous sommes attendus et nous sommes trois maintenant, chérie: toi, moi et la Mort.

Que Dieu ait pitié de nous!

Mais je blasphème. On n’a jamais à avoir pitié de l’amour.

L’amour est le Dieu d’orgueil, l’amour est la chose d’orgueil.

Nous n’avons pas peur de la mort. En ce sacrifice païen, en ce festin, nous avions besoin de divinité et d’éternité: c’est toi qui nous l’apportes, Mort, bonne mort: merci d’être venue à nos fiançailles.

Et, n’est-ce pas? tu n’as pas dû nous quitter?