Vois comme les gens sont mornes dans les rues: tu les écrases, et tu n’es pas méchante; c’est que tu es plus grande qu’eux.

Je te voudrais, je te veux molle et souple, prenante et sans insolence, tu es ma confidente, tu es ma camarade, garde-moi mon rêve, protège-le contre la rue, contre les gens.

N’allons pas trop vite; j’ai beaucoup à descendre avant d’arriver où je voudrais ne pas aller. J’ai à croiser des voitures qui crient et des voitures qui sifflent, et je suis lourd de mon amour, et je suis faible de la force de mon amour. Et je suis retardé par mes souvenirs, par mon souvenir.

Il n’y a pas que toi, Mort, pour me disputer à la vie, à la vie stupide de chaque jour, il y a une main, une petite main qui se pose sur mon épaule, il y a des paroles qui s’étreignent et qui disent: «Ne va pas vers d’autres paroles, dors en la buée pâle que nous sommes», il y a les pavés aussi qui me sont pénibles et la route qui est si longue, si longue, qui se brise, qui tourne pour m’empêcher de marcher plus avant et il y a le reflet de mon bonheur, mon rêve qui se font plus lourds, plus caressants, plus tyranniques.

Mais il faut que je retourne à ma vie, il faut que je retrouve mon cadre de médiocrité, d’indifférence et d’hostilité, il faut que ce jour soit semblable, fasse semblant d’être semblable aux autres jours, il faut...


III

LUI!

Je suis tombé sur lui comme en un précipice.