J’entends ton rire sourdre de mes mots qui se débattent et qui hésitent en leur appel, sourdre de mes désespoirs, sourdre de la fatalité qui nous étreint, qui nous sépare, qui nous précipite loin de l’autre après deux baisers contrariés et disjoints.
Je veux travailler, tracer des mots indifférents: ton rire, ton rire, encore!
Ah! chérie, reviens pour que je ne t’entende plus rire!
Tu reviendras.
J’ai reçu une lettre de toi, enfin, une lettre de tendresse, de récriminations, de reproches sanglotants et d’étreintes contenues et sanglotantes aussi, une lettre ratiocinatrice, de belle et large raison et d’une passion si exacte, si jolie, si noble, si stricte, lettre digne d’une matrone romaine et d’Eloa, de Mme de Sévigné, de Mlle de Lespinasse, lettre d’héroïne et de martyre.
Et ton rire, ton rire infatigable, l’encadrait, tournait autour.
Je cours au rendez-vous que tu m’as donné pour tromper ton rire.
Par un caprice, par une prédestination, par un exquis sentiment de pudeur, de poésie et de lointain, tu m’as dit de t’attendre au Trocadéro, au milieu de la galerie.
J’y devance l’heure que tu m’as indiquée, je m’y morfonds, je m’y affole. Jamais je n’eusse cru à un tel nombre de galeries.
C’est le labyrinthe même.