[Note 182: ][ (retour) ] Poulle, loc. cit., p. 115.
Macrin et Elagabal.--Macrin, le troisième empereur africain, était né à Yol-Césarée. C'était un avocat que son audace et son succès portèrent au poste de préfet du prétoire. Le meurtrier de Caracalla fut d'abord bien accueilli par le sénat (217), mais bientôt on apprit qu'Elagabal, grand-prêtre du soleil à Edesse, âgé seulement de 17 ans, avait été proclamé par les soldats à l'instigation de Julia Mœsa, sœur de l'impératrice Julia Domna. Ayant essayé de lutter contre son compétiteur, Macrin périt avec son fils Diadumène à Chalcédoine (avril 218). Dans son règne aussi court qu'agité, il avait trouvé le temps de réduire sensiblement les impôts.
Bassien-Elagabal était fils de Socuzis, ancien légat de la IIIe légion, et gouverneur de Numidie; aussi avait-il beaucoup de partisans en Afrique [183]. Dans le cours de son règne, ce prince, qui avait importé à Rome les rites et coutumes de l'Orient, procéda en grande pompe à une ridicule cérémonie par laquelle il maria la déesse Tanit de Karthage, représentée par une pierre triangulaire, avec le Dieu Gabal (Alah-Gabal), un aérolithe rapporté de Syrie [184].
En prenant le pouvoir, le nouvel empereur s'était attribué les noms de Marc-Aurèle Antonin. Après un court règne de cinq ans, il fut à son tour mis à mort par les soldats. Une révolte avait eu lieu dans la Césarienne peu de temps auparavant (222).
[Note 183: ][ (retour) ] Voir l'intéressante communication de M. L. Rénier à l'Académie des Inscr. et Belles-Lettres, séance du 21 juin 1878.
[Note 184: ][ (retour) ] Voir les Comptes-rendus de cette Académie.
Alexandre Sévère.--L'arrivée au pouvoir d'Alexandre Sévère mit fin à l'anarchie que venait de traverser l'empire et qui n'était que le prélude de nouvelles convulsions. Sous la main ferme de ce prince les affaires reprirent leur marche régulière et chacun dut revenir à l'obéissance. L'Afrique eut beaucoup à se louer de son administration. Il fit ouvrir de nouvelles routes et reporta très loin au sud les frontières de l'occupation [185]. La Tingitane aurait, paraît-il, été alors le théâtre d'une révolte, mais Lampride, qui cite ce fait, ne fournit aucun détail.
[Note 185: ][ (retour) ] Ragot, p. 200.
En 229, Marcus Antonius Gordianus avait été nommé par le sénat proconsul d'Afrique, avec son fils comme légat. Pendant sept années, ses pouvoirs lui furent prorogés, et l'Afrique vécut tranquille sous son autorité.
Les Gordiens. Révolte de Capellien et de Sabinianus.--Mais en 235, Sévère tomba sous le poignard du Goth Maximin, et aussitôt l'anarchie reparut dans le monde romain. L'Afrique saisit cette occasion de produire un empereur. Des citoyens de Karthage, irrités par la dureté et les violences d'un intendant du fisc, le mirent à mort et, pour s'assurer l'impunité, soulevèrent la province et proclamèrent empereur le vieux Gordien, leur gouverneur, alors âgé de quatre vingts ans.