[Note 452: ][ (retour) ] Comme dans un récent exemple dont nous avons été témoins, la famine de 1867-1868.
[Note 453: ][ (retour) ] En-Nouéïri, p. 427, 436.
Progrès de la secte chiaïte en Berbérie.--Arrivée d'Abou-Abd-Allah.--Tandis qu'Ibrahim se livrait aux écarts de son étrange caractère, donnant tour à tour l'exemple d'une certaine grandeur d'âme ou d'une basse cruauté, un nouvel élément de discorde s'introduisait en Afrique. Nous avons indiqué ci-devant [454] de quelle façon se forma la secte des chiaïtes, après la mort d'Ali. Écrasés en 787 à la bataille de Fekh, ils durent rentrer dans l'ombre. Ils se formèrent alors en société secrète et envoyèrent des émissaires dans toutes les directions, même en Berbérie, malgré la surveillance exercée par les Abbassides.
Le schisme chiaïte se divisait en plusieurs sectes, parmi lesquelles nous ne nous occuperons que des Imamïa, formant les Ethna-Acheria (Duodécémains) elles Ismaïlia (Ismaïliens).
Les Duodécémains comptaient douze imam ayant régné après Ali, et enseignaient que le douzième, ayant disparu mystérieusement, devait reparaître plus tard pour faire renaître la justice sur la terre et qu'il serait le Mehdi, ou être dirigé, prédit par Mahomet [455]. Les Ismaïliens ne comptaient que six imam; le septième, Ismaïl, désigné pour succéder à son père, était, selon eux, mort avant lui. A partir de ce septième, leurs imam étaient dits cachés (Mektoum), ne transmettant leurs ordres au monde que par l'intermédiaire des daï (missionnaires) [456].
[Note 454: ][ (retour) ] Chapitre ii, Mort d'Ali, et Kharedjites et Chiaïtes.
[Note 455: ][ (retour) ] Telle est la tradition sur laquelle s'appuient tous les Mehdi que nous verrons paraître dans l'histoire et qui se produisent encore de nos jours.
[Note 456: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, t. II, append. ii.
Le troisième imam caché, nommé Mohammed-el-Habib, vivait à Salemïa, ville du territoire d'Emesse, en Syrie, dans les premières années du règne d'Ibrahim. De là il lançait des daï, dont les uns s'avancèrent en guerriers jusque dans l'Inde, d'autres gagnèrent l'Afrique. L'un d'eux s'établit à Mermadjenna, au nord-est de Tebessa; un autre dans le pays des Ketama, non loin de l'Oued-Remel, appelé alors, en langue indigène, Souf-Djimar. Ils firent de nombreux prosélytes et décidèrent plusieurs de leurs adeptes à effectuer le pèlerinage de Salemia.
En présence de ces résultats, Mohammed-el-Habib résolut d'envoyer en Mag'reb un de ses plus fidèles adhérents, nommé Abou-Abd-Allah-el-Hocéin. Cet homme de mérite, qui devait rendre de si grands services à la cause fatemide, avait été d'abord mohtacib ou receveur d'impôts à Basra, puis il avait enseigné publiquement les doctrines des Imamiens, ce qui lui avait valu le surnom d'El-Maallem (le maître) [457]. Il partit pour le Mag'reb, en compagnie des chefs ketamiens; pour éviter les postes placés par les Abbassides sur toutes les routes, ils passèrent par les déserts et, grâce à leur prudence, parvinrent à atteindre les chaînes des Ketama, et s'établirent à Guédjal, dans le territoire occupé actuellement par les Djimela, près de Sétif. Le chef de ces indigènes, Mouça-ben-Horeïth, un de ceux qui revenaient d'Orient, protégea l'établissement du missionnaire dans cette localité qui fut appelée par lui: Le col des gens de bien (Fedj-el-Akhiar). Ce nom n'avait pas été pris au hasard; Abou-Abd-Allah annonça, en effet, que le Mehdi lui avait révélé qu'il serait forcé de fuir son pays et, de même que le prophète, d'avoir une hégire, et qu'il serait soutenu par des gens de bien (ses Ansars), dont le nom serait un dérivé du verbe katama (cacher).