[Note 501: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, t. II, p. 521. Amari, Musulmans de Sicile, t. II, p. 141 et suiv.

Événements d'Espagne.--Nous avons vu précédemment que le khalife Abd-Allah était arrivé, au commencement du xe siècle, après de longues années de lutte, à rétablir l'autorité oméïade en Espagne et à tenir en respect les petites royautés, qui se formaient de toute part. Le succès continua à couronner ses efforts, surtout dans le midi: «En 903, son armée prit Jaën; en 905, elle gagna la bataille du Guadalballou, sur Ibn-Hafçoun et Ibn-Mastana; en 906, elle enleva Cañete, aux Beni-el-Khali; en 907, elle força Archidona à payer tribut; en 910, elle prit Baeza, et l'année suivante, les habitants d'Iznajar se révoltèrent contre leur seigneur et envoyèrent sa tête au sultan. Même dans le nord il y avait une amélioration notable [502]

[Note 502: ][ (retour) ] Dozy, Musulmans d'Espagne, t. II, p. 318, citant Ibn-Haïan.

Sur ces entrefaites, Abd-Allah cessa de vivre (15 octobre 912), après un règne de vingt-quatre ans.

Abd-er-Rahman III, son petit-fils, lui succéda. C'était un jeune homme de vingt-deux ans et, si l'on put craindre d'abord, qu'en raison de sa jeunesse, il ne fût pas à la hauteur de sa mission, il ne tarda pas à démontrer lui-même, que pour le courage et l'habileté politique, il ne le cédait à personne.

Attaquant résolument ce qui restait de chefs rebelles, il en contraignit une partie à la soumission. Mais Ibn-Hafçoun, qui se faisait appeler Samuel, depuis sa conversion, maintenait ferme à Bobastro le drapeau de l'indépendance nationale et du christianisme.

Les Berbères de Mag'reb, particulièrement de la province de Tanger, prenaient part à ces luttes comme mercenaires. S'étant mis à la tête de l'armée, Abd-er-Rahman parcourut en maître les provinces d'Elvira et de Jaën, recevant partout des soumissions, et brisant les résistances qu'il rencontrait. Il se présenta enfin devant Séville, dont les notables lui ouvrirent les portes (décembre 913) [503].

Les années suivantes furent non moins favorables, et, en 917, Ibn-Hafçoun rendait le dernier soupir. L'unité de l'empire oméïade se trouvait rétablie et un grand règne allait commencer.

[Note 503: ][ (retour) ] Dozy, Musulmans d'Espagne, t. II, p. 325 et suiv.

Révoltes contre Obéïd-Allah.--En Ifrikiya, le nouvel empire, à peine assis, était ébranlé par les révoltes indigènes; mais l'énergie du mehdi suffisait à tout. Ce fut d'abord dans la région de Tripoli, que les Houara et Louata prirent les armes. Les généraux obéïdites étouffèrent dans le sang cette sédition; on dit que les têtes des promoteurs furent expédiées à Kaïrouan et exposées sur les remparts.