Selon le Baïan, une nouvelle expédition aurait été effectuée en Egypte, sous le commandement du général fatemide Mesrour, en l'année 924, mais les détails précis manquent sur cette campagne qui, dans tous les cas, n'eut pour la cause du mehdi aucun résultat effectif.
Succès des Mag'raoua.--Mort de Messala.--Nous avons vu que les Mag'raoua, sous le commandement d'Ibn-Khazer, ne cessaient de se poser en ennemis de la dynastie fatemide et saisissaient toutes les occasions d'attaquer ses frontières ou de s'allier à ses ennemis. Selon Ibn-Khaldoun [517], Messala aurait péri en les combattant dans le cours de l'année 921, mais nous avons vu plus haut qu'après être rentré de son expédition de Sidjilmassa, ce général était allé saluer son suzerain à El-Mehdïa. L'étude comparative des auteurs nous conduit à reporter cet événement à l'année 924. Les Beni-Khazer et autres tribus zenètes s'étant lancées dans la révolte, Messala marcha contre elles et après plusieurs combats, il se laissa surprendre par Ibn-Khazer qui le tua de sa propre main (novembre 924). Cette perte fut vivement ressentie par le mehdi.
Une nouvelle armée kelamienne, sous le commandement de Bou-Arous et Ben-Khalifa [518], arrivée de l'est, fut complètement détruite, par les Zenètes. Grâce à ces succès, Ibn-Khazer acquit l'adhésion de presque toutes les tribus des hauts plateaux du Mag'reb central; mais au delà de la Moulouïa, Mouça-ben-Bou-l'Afia continuait à exercer le pouvoir au nom des Fatemides jusqu'à la limite extrême du territoire de Fès.
[Note 517: ][ (retour) ] Histoire des Berbères, t. II, p. 527 et t. III, p. 230.
[Note 518: ][ (retour) ] Selon Ibn-Hammad.
El-Haçan relève, à Fès, le trône edriside.--Sa mort.--Le contre-coup des échecs éprouvés par les armes du mehdi se fit aussitôt sentir en Mag'reb. Un membre de la famille edriside, nommé El-Haçan, dit El-Hadjam [519], prince d'une grande bravoure, releva, dans la montagne des Djeraoua, l'étendard de sa dynastie. Marchant sur Fès, il s'empara par surprise de cette ville et en chassa le gouverneur Rihan, le ketamien.
Aussitôt Mouça-ben-Abou-l'Afia se porta contre Fès à la tête de toutes ses forces disponibles. El-Haçan s'avança bravement au devant de lui et la rencontre eut lieu entre Fès et Taza, près d'un ruisseau appelé Ouad-el-Metahen. La lutte fut acharnée et la victoire se prononça pour l'edriside qui contraignit Mouça à fuir, en abandonnant sur le champ de bataille deux mille Miknaça, parmi lesquels son propre fils. El-Haçan soumit alors à son autorité les régions de Safraoua, Mediouna, Meknès, Basra, etc., c'est-à-dire la partie centrale du Mag'reb [520] (926).
[Note 519: ][ (retour) ] Le phlébotomiste, parce qu'il avait, dit-on, l'habitude de frapper son ennemi à la veine du bras.
[Note 520: ][ (retour) ] Ibn-Khaldoun, t. I, p. 267, t. II, p. 527, 568. El-Bekri, art. Idricides. Le Kartas, p. 110 et suiv. Ibn-Hammad.
En même temps, El-Moatez répudiait la suzeraineté fatemide à Sidjilmassa, et se déclarait indépendant. C'est également vers cette époque qu'il faut placer l'occupation de Melila par les Oméïades d'Espagne. Ainsi Abd-er-Rahman prenait pied sur cette terre d'Afrique où il cherchait depuis longtemps à exercer son influence. Ses agents entrèrent en pourparlers avec Ibn-Khazer et un traité d'alliance fut conclu entre le chef des Mag'raoua et le khalife d'Espagne.