Les Garamantes divisés en Garamantes du nord, habitant les montagnes de Tripoli, et Garamantes du sud, établis dans l'oasis de Garama (actuellement Djerma dans le Fezzan), dont ils ont pris le nom.
Les Troglodytes, voisins des précédents et en guerre avec eux.
Les Lotophages, établis dans l'île de Méninx (Djerba) et sur le littoral voisin.
Les Makhlyes, habitant le littoral jusqu'au lac Triton.
Les Maxyes, les Aœses, les Zaouekès et les Ghyzantes au nord du lac Triton et sur le littoral en face des îles Cercina (Kerkinna) [14].
Tels sont les traits principaux de la Libye d'Hérodote. Comme détail des mœurs de ces indigènes, il cite la vie nomade, l'absence de toute loi, la promiscuité des femmes, etc. Il parle encore de peuplades fabuleuses habitant l'extrême sud [15].
[Note 14: ][ (retour) ] Hérodote, 1. IV, ch. 143.
[Note 15: ][ (retour) ] Vivien de Saint-Martin, Le Nord de l'Afrique dans l'Antiquité, passim.
Prépondérance de Karthage.--La prospérité des comptoirs phéniciens, augmentant de jour en jour, attira de nouveaux immigrants, et Karthage, dont la fondation date du commencement du xe siècle (av. J.-C.), devint la principale des colonies de Tyr et de Sidon en Afrique. Ces métropoles envoyaient à leurs possessions de la Méditerranée des troupes qui, chargées d'abord de les protéger contre les indigènes, servirent ensuite à dompter ceux-ci. Bientôt les villages agricoles avoisinant les colonies phéniciennes furent soumis, et les cultivateurs berbères durent donner à leurs anciens locataires, devenus leurs maîtres, le quart du revenu de leurs terres, tant il est vrai que deux peuples ne peuvent vivre côte à côte sans que le plus civilisé, fût-il de beaucoup le moins nombreux, arrive à imposer sa domination à l'autre.
La puissance de Karthage devint donc plus grande et s'étendit sur les tribus du tel de la Tunisie et de la Tripolitaine. Les Berbères du sud, maintenus dans une sorte de vasselage, servaient d'intermédiaires pour le commerce de l'intérieur de l'Afrique [16]. Non seulement Karthage, après avoir cessé de payer tribut aux indigènes, en exigea un de ceux-ci, mais elle devint la capitale des autres colonies phéniciennes, qui durent lui servir une redevance. De plus, elle s'était peu à peu débarrassée des liens qui l'unissaient à la mère patrie et avait conquis son autonomie à mesure que la puissance du royaume phénicien déclinait [17].