[Note 16: ][ (retour) ] Ragot. Sahara, de la province de Constantine, IIe partie, p. 147 (Recueil des notices de la Société arch. de Constantine, 1875).
[Note 17: ][ (retour) ] Justin, XIX, 1, 2.
En même temps les navigateurs puniques fondaient à l'ouest de nouvelles colonies: Djidjel (Djidjeli), Salde (Bougie), Kartenna (Ténès), Yol (Cherchel), Tingis (Tanger), etc. Les Karthaginois conclurent avec les rois ou chefs de tribus de ces contrées éloignées, des traités de commerce et d'alliance.
Découvertes de l'amiral Hannon.--Mais cette extension ne suffisait pas à l'ambition des Phéniciens; il leur fallait de nouvelles conquêtes. Entre le vie et le ve siècle, le gouvernement de Karthage chargea l'amiral Hannon de reconnaître le littoral de l'Atlantique et d'y établir des colonies. Le hardi marin partit avec une flotte de soixante navires portant trente mille colons phéniciens et libyens, et les provisions nécessaires pour le voyage et les premiers temps de l'établissement. Il franchit le détroit de Gadès, répartit son monde sur la côte africaine de l'Océan et s'avança jusqu'au golfe formé par la pointe qu'il appelle Corne du Midi et que M. Vivien de Saint-Martin identifie à la pointe du golfe de Guinée. Seule, la crainte de manquer de vivres l'obligea à s'arrêter. Il retourna sur ses pas après avoir accompli un voyage qui ne devait être renouvelé que deux mille ans plus tard [18].
[Note 18: ][ (retour) ] Par les Portugais en 1462.
Le succès de l'entreprise de Hannon frappa tellement ses concitoyens que les principales circonstances de son voyage furent relatées en une inscription qu'on plaça dans le temple de Karthage. Cette inscription, traduite plus tard par un voyageur grec, nous est parvenue sous le nom de Périple de Hannon; malheureusement la date manque. L'on sait seulement, d'après Pline, que c'était à l'époque de la plus grande puissance de Karthage, alors que, selon Erathosthène, cité par Strabon, on comptait plus de trois cents colonies phéniciennes au delà du détroit [19].
Organisation politique de Karthage.--La puissance acquise par Karthage au milieu des populations berbères était le fruit de l'esprit d'initiative, du courage et de l'adresse dont les Phéniciens avaient sans cesse donné des preuves pendant de longs siècles. Chacun avait coopéré à cette conquête; le gouvernement avait donc été d'abord une république où le rang de chacun était égal. Puis, les fortunes commerciales et militaires s'étant faites, les grandes familles avaient conservé le pouvoir entre leurs mains, et il en était résulté une oligarchie assez compliquée. Le pouvoir exécutif était dévolu à deux rois [20], assistés d'un conseil dit des anciens, composé de vingt-huit membres, tous paraissant avoir été élus par le peuple et pour un temps assez court. L'exécutif nommait les généraux en chef, mais leur déléguait une partie de ses pouvoirs, ce qui tendait à en faire de véritables dictateurs, tout en offrant l'avantage de rétablir une unité nécessaire dans le commandement. Pour compléter la machine gouvernementale, un autre conseil, dit des Cent-Quatre, composé de l'aristocratie, exerçait les fonctions judiciaires et contrôlait les actes de tous [21]. Ce gouvernement impersonnel n'avait pas les avantages d'une démocratie et en avait tous les inconvénients; il manquait d'unité et, par suite, de force, et ouvrait la porte à toutes les intrigues et à toutes les compétitions.
[Note 19: ][ (retour) ] Vivien de Saint-Martin.--Voir également: «Navigation d'Hannon capitaine carthaginois aux parties d'Afrique, delà les colonnes d'Hercule,» par Léon l'Africain (trad. Temporal), t. I, p. xxv et suiv.
[Note 20: ][ (retour) ] Suffètes (Chofetim) ou juges. Les auteurs anciens leur donnent le nom de rois. Tite-Live les compare aux consuls (XXX).
[Note 21: ][ (retour) ] Mommsen, Histoire romaine, t. II, p. 217 et suiv.--Aristote, Polit., 1.[caractère peu lisible] II.--Polybe, VI et pass.