Mais ses travaux scientifiques ne le détournaient pas des soins de son gouvernement. Il aurait, paraît-il, fait explorer les îles Fortunées (Canaries) et la découverte des îles Purpurariæ (Madère), lui serait due [132]. Enfin il aurait entretenu des relations commerciales assidues avec l'Espagne, aurait été nommé consul de Cadix Gadès par Auguste et était magistrat municipal de Carthagène.
[Note 129: ][ (retour) ] Ou 25, selon Dion, LIII, 26.
[Note 130: ][ (retour) ] M. Poulie, loc. cit., penche pour la première de ces localités et nous croyons qu'il a raison.
[Note 131: ][ (retour) ] Berbrugger, Dernière dynastie mauritanienne, (Revue africaine, Nº 26, p. 82 et suiv.).
[Note 132: ][ (retour) ] Pline, cité par Berbrugger.
Révolte des Berbères.--Nous avons vu que les Gétules et les Musulames du désert ne cessaient de faire des incursions dans le Tel et que Taurus avait dû les repousser plusieurs fois par les armes. En l'an 29, L.A. Petus, et en 21, L.S. Atralinus, avaient poursuivi, jusque dans le désert, ces turbulents indigènes. Les succès de ces généraux leur avaient valu les honneurs du triomphe; mais bientôt de nouvelles razzias avaient été opérées par ces incorrigibles pillards.
Dans la Tripolitaine, le rivage des Syrtes était infesté par les pirates Nasamons, qui oubliaient la sévère leçon donnée à leurs pères par Pompée. L'intérieur était livré aux Garamantes dont Tacite a dit: gens indomita et inter accolas latrociniis fecunda. En l'an 19, L. Cornélius Balbus, nommé proconsul, fut chargé de conduire une expédition dans ces contrées; il s'enfonça au sud de Tripoli et, s'avançant sur la voie fréquentée par les anciens marchands karthaginois, traversa le pays des Troglodytes (les monts R'arian), seuls intermédiaires du commerce de la pierre précieuse qui vient d'Ethiopie [133], et atteignit Garama (Djerma) dans la Phazanie (Fezzan). Cette belle campagne étendit la domination romaine jusqu'au désert. Comme récompense, le triomphe fut accordé à Balbus, bien que n'étant pas citoyen romain. Pline nous a transmis les noms fort altérés des tribus qui y figuraient [134].
Cependant les Gétules étaient toujours en état de révolte, et de nouvelles incursions ayant coïncidé avec l'élévation de Juba au trône de Numidie, les historiens en ont inféré, généralement, qu'ils s'étaient soulevés contre lui; mais, en considérant que l'état normal des tribus sahariennes a toujours été, jusqu'à ces derniers temps, l'anarchie, la guerre et le pillage, nous ne voyons pas pourquoi on rattache ces faits l'un à l'autre. La révolte, il est vrai, s'étendit à l'est, gagna les Musulames et se signala comme toujours par des dévastations et le massacre de tout ce qui portait le nom de romain. Les armées de Juba furent plusieurs fois battues et il fallut que l'empereur envoyât de nouvelles forces en Afrique. Cn. Corn. Cossus, chargé de réduire ces Berbères, lutta contre eux durant de longues années et finit pareil triompher et les forcer à là soumission, en l'an 6 de notre ère. Il reçut à cette occasion le surnom de Gétulicus. Les Garamantes et les Nasamons s'étaient joints aux Gétules. Carinius fut spécialement chargé de les en châtier. Ce général les poursuivit jusqu'à la Marmarique. Une partie de la IIIe légion reçut la mission de garder la frontière méridionale [135].
[Note 133: ][ (retour) ] Pline.
[Note 134: ][ (retour) ] Ibid., Hist. nat., V, 3.