[Note 135: ][ (retour) ] Florus, l. IV, c. 12. Tacite, Ann., passim. D. Cassius, lib. LV et suiv. P. Orose, lib. VI. V. Paterculus, II.
Mort de Juba II; Ptolémée lui succède.--Après cette secousse qui, peut-être, se fit sentir principalement vers l'est, le règne de Juba s'acheva paisiblement. En l'an 4, il prit part à l'expédition d'Arabie, et d'après M. Ch. Mùller [136], il aurait dans cette campagne épousé ou pris pour concubine Glaphyra, fille d'Archélaüs, roi de Cappadoce. Les renseignements à ce sujet sont contradictoires, mais il paraît certain qu'il ne ramena pas cette femme à Césarée.
Cléopâtre Séléné mourut vers l'an 6 (de J.-C.) et fut enterrée dans le magnifique mausolée que Juba avait fait élever à l'est de sa capitale [137], et qui est connu maintenant sous le nom de tombeau de la Chrétienne.
Vers l'an 22 ou 23 (de J.-C), Juba lui-même cessa de vivre et fut placé auprès de son épouse dans le mausolée. Il laissait un fils, Ptolémée, qui lui succéda. L'histoire nous représente ce prince comme adonné entièrement à ses plaisirs et à ses études, abandonnant à ses affranchis la direction des affaires. Juba avait reçu d'Auguste ou de Tibère le titre de citoyen romain; il était en outre citoyen d'Athènes, duumvir de Gadès et quinquennal de Karthagène [138].
[Note 136: ][ (retour) ] Num. de l'Afr. anc.
[Note 137: ][ (retour) ] Monumentun commune regiæ gentis Mauritaniæ, d'après Pomponius Mela.
[Note 138: ][ (retour) ] Masqueray, Compte rendu de la thèse de M. de la Blanchère.; Voir aussi cette thèse intitulée De rege Juba, régis Jubs filio.; Thorin, 1883.
Révolte de Tacfarinas.--Depuis quelques années, un Berbère du nom de Tacfarinas avait relevé l'étendard de la révolte dans la Gétulie. Déserteur de la légion romaine, il avait d'abord réuni une bande d'aventuriers et vécu de pillage et de vols. Vers l'an 17, les Musulames, alors établis dans les environs de l'Aourès [139], s'étant laissés entraîner par lui, vinrent attaquer les soldats romains dans leurs cantonnements. La révolte s'étendit à l'est jusqu'aux Syrtes et à l'ouest jusqu'au Hodna. Un certain Mazippa, chef des Maures, lui fournit son appui consistant particulièrement en cavalerie. Le proconsul M.F. Camillus rassembla aussitôt ses troupes et les auxiliaires et, ayant marché résolument à l'ennemi, le mit en complète déroute. Tacfarinas, avec ses Gétules, se jeta dans les profondeurs du désert.
L'année suivante, Tacfarinas, après avoir mis à profit son temps pour former ses guerriers à la discipline en les habituant à combattre à la romaine, les uns à pied, les autres à cheval, se porte de nouveau contre les établissements romains, pâle les bourgades et les fermes, fait un butin considérable et met en déroute une cohorte romaine qui lui abandonne un poste fortifié sur le fleuve Pagyda [140]. Plein de confiance, il entreprend le siège de Thala.
[Note 139: ][ (retour) ] C'est ce qui est établi par Ragot Sahara, 2e partie, p. 74.