En 188, les Maures étaient de nouveau en état de révolte. L'empereur Commode parla d'aller les combattre en personne; mais après avoir obtenu du Sénat l'argent nécessaire, il préféra l'employer à ses débauches et se contenta d'envoyer en Afrique des lieutenants [178]. Pertinax dont le règne éphémère devait faire suite au sien, opéra la pacification de l'Afrique (190).

[Note 175: ][ (retour) ] Loc. cit., p. 194.

[Note 176: ][ (retour) ] Jul. Capitolin.

[Note 177: ][ (retour) ] Numidie et Maurétanie, p. 180.

[Note 178: ][ (retour) ] Lampride; Commode, ch. IX et suiv.

Les empereurs africains. Septime Sévère.--Septime Sévère, natif de Leptis magna, dans la Tripolitaine, fut, en 193, proclamé empereur par les légions de Pannonie. Ce prince fit largement profiter l'Afrique de la puissance dont il disposait. Il s'attacha surtout à punir, et à repousser dans le sud, les tribus de la Tripolitaine, ayant pu apprécier par lui-même le tort que les incursions des nomades faisaient à la colonisation. Les troupes romaines pénétrèrent encore dans la Phazanie et établirent une ligne de postes fortifiés de Tripoli à Garama [179]. Karthage et Leptis reçurent de lui le droit italique.

Sévère montra constamment pour l'Afrique une grande prédilection. Il y fit exécuter des travaux considérables dont de nombreuses inscriptions ont conservé le souvenir. A Rome il s'entoura d'Africains et composa sa garde personnelle, en grande partie, de ses compatriotes. Les Africains, en Italie, se distinguèrent particulièrement dans le barreau et à l'armée. La langue punique, ou peut-être berbère, car les historiens de l'époque ne paraissent pas soupçonner qu'il en existât une, était parlée dans l'entourage de l'empereur. L'impératrice Julia Domna, syrienne d'origine, était très favorable aux orientaux. L'Afrique rendait à Sévère l'affection qu'il lui témoignait; l'on dit qu'après sa mort les Berbères le mirent au rang des dieux [180]; dans tous les cas, aucune révolte n'est signalée sous son règne, dans cette Afrique, depuis si longtemps en proie à l'insurrection.

[Note 179: ][ (retour) ] Le Docteur Barth en a retrouvé les traces.

[Note 180: ][ (retour) ] Hérodien.

On est porté à supposer que ce prince sépara la Numidie de la proconsulaire, et envoya à celle-ci un légat impérial, tandis que l'ancienne Afrique restait sous l'autorité administrative du proconsul.