Voilà ce qu’il eut le front de dire ! M. Pioutre n’insista pas.

Isidore s’en retourna vers la villa Roméo, le cœur bien triste.

— Qu’ai-je fait ! murmurait-il ; que vont penser de moi ces personnes distinguées ? Imbécile ! sauvage ! brute !…

Quand il arriva chez lui, Séraphine était encore absente. Attends un peu ! Isidore attrapa Monique et lui dit vertement ce qu’il pensait de tout ça et qu’il commençait, oui ! à en avoir assez ! Il fallut l’arrivée de Séraphine pour le calmer ; rien de moins.

Le lendemain M. Pioutre ne laissa voir aucun ressentiment. C’était un homme de bonne éducation. Comme de coutume, il joua avec Isidore et, après la partie, sortit en sa compagnie. Il lui tendit même la laisse de Messaline. Il faisait un peu chaud. Tout à coup, M. Pioutre mit sa main sur le bras d’Isidore.

— Soyez assez bon pour agréer mes excuses, dit-il ; si vous n’y voyez pas d’inconvénients, nous n’irons pas plus avant…

Il s’épongea le front, soupira deux ou trois coups, profondément.

— Par cette chaleur, je crains un étourdissement… un transport au cerveau… Cher monsieur, je vous demande la permission de vous laisser poursuivre seul… je rentre à la maison.

Isidore dit aussitôt :

— Si vous ne vous sentez pas bien, je ne puis vous abandonner. Je vais vous reconduire, comme mon devoir l’exige.