— Oh ! père ! Y pensez-vous ?
Mais Isidore dit à son tour, en ouvrant largement les deux mains :
— Voyons, madame ! à la bonne franquette ! Sans cérémonies !
Il avait parlé avec tant d’élan qu’il fut impossible à Mme Isabelle de refuser. Elle abandonna donc sa broderie et, avec une exquise bonne grâce, vint au jeu.
Il fallut tout lui expliquer, depuis A jusqu’à Z. Elle confondait manille et manillon et n’avait point pour les atouts la considération qui s’impose. Elle coupait à faux avec une candeur désarmante.
Isidore la reprenait avec bonhomie.
— Sapristi, madame, il ne faut pas mêler les torchons aux serviettes… Vous avez des atouts : placez-les donc à part, nom d’un petit bonhomme !… Et puis, vous tenez mal votre jeu : voulez-vous me permettre ?…
Elle voulait bien tout lui permettre.
M. Pioutre paraissait content ; tout le monde paraissait content.
— Cher ami, dit M. Pioutre, je sais que vous avez l’habitude de fumer. Or, grâce à mon fils Rufin, nous avons ici une bonne provision de tabac. J’oserai donc vous prier de bourrer votre pipe autant de fois qu’il vous plaira.