J’ai offert le café à Mme Hoursault qui n’a pas osé refuser.
— Vous prendrez bien une petite goutte ? a dit ma bonne.
Ma bonne est une très brave femme, mais elle manque parfois de tact. Comment ose-t-elle forcer cette pauvre vieille, qui est si anémique et dont la voix s’entend à peine, à boire de l’eau-de-vie ? Elle lui en a versé, ma foi, une bonne dose.
La mère Hoursault, debout, sirote à petits coups son café à l’eau-de-vie. Elle parle de son cochon qu’elle a nourri exclusivement au lait, aux pommes de terre et à la farine. Je comprends qu’elle l’a nourri ainsi tout exprès pour moi, un monsieur, à qui il faut de belle viande propre.
Puis elle se plaint de son mari qui n’est pas commode.
Son café avalé, elle reprend de l’eau-de-vie avec un morceau de sucre.
Brave mère Hoursault !
— C’est une vieille araignée ! dit ma bonne, en pliant la nappe.
Vendredi. — Une vilaine aube livide. Il pleut tout bas.