17 août. — M. Buc est à l’hospice !

Le maire de Chantefoy lui avait envoyé un médecin, l’inspecteur d’académie lui en avait envoyé un autre. Fidèle à son programme, le bonhomme a dû leur tenir d’étonnants discours. Si bien que deux infirmiers sont venus le chercher hier matin ! Il s’est débattu, il s’est défendu. Les infirmiers, deux sombres brutes, après l’avoir laidement accoutré de horions, l’ont ficelé et jeté dans la voiture comme un paquet. Les gens du village avaient, paraît-il, les larmes aux yeux.

Ceci passe la plaisanterie. Heureusement pour M. Buc, je suis là.


18 août. — J’arrive de Chantefoy. J’ai vu le maire, j’ai vu la servante de M. Buc, j’ai vu les voisins. Ils n’ont rien compris à ce que je leur ai expliqué ! Quelles cervelles obtuses ! Il y a, sous le soleil, des gens bien réfractaires à la plus simple vérité !

Ils m’ont donné, cependant, l’adresse du neveu de M. Buc.

Je lui écris dès ce soir.


20 août. — Je suis allé à la consultation du premier médecin qui examina M. Buc. Il n’a prêté à mon histoire qu’une oreille distraite.

— Tranquillisez-vous, m’a-t-il dit ; cet homme est nettement fou.