Puis il se remit à son travail qui consistait à retirer, avec la pointe de son couteau, des épines qu’il avait sous la plante des pieds.

Or, une de ces épines s’était glissée entre deux orteils et l’Ermite ne voyait pas assez clair pour l’arracher. Il ne pouvait pas non plus se baisser suffisamment ; il en bavait dans sa barbe en soufflant comme une baleine. Et, quand il se redressait, il sacrait à faire trembler.

Claude, qui avait bon cœur, eut pitié de lui. Elle s’avança gentiment et dit :

— Monsieur l’Ermite ! si vous voulez, je retirerai l’épine…

L’Ermite lui tendit son pied en ronchonnant.

Et Claude retira l’épine sans faire un trop grand trou.

Alors, l’Ermite, tout joyeux, essuya sa barbe et il s’écria :

— Jeune fille, qui honorez la vieillesse ! si vous avez besoin d’un conseil, je suis prêt à vous le donner ! gratuitement !

— Voici ! dit Claude sans autre préambule ; je voudrais devenir garçon. Et je me suis dérangée pour vous demander comment il faut s’y prendre. Car il paraît que les fées vous ont enseigné la magie…

Le vieil Ermite cligna de l’œil.