— Elles m’en ont, c’est sûr, appris plus d’une ! avoua-t-il.
— Eh bien ! puisqu’elles se changent à volonté en bécasses et en grenouilles, il doit y avoir un moyen pour changer une fille en garçon ? Si vous le savez, dites-le !
— Il est vrai, répondit l’Ermite, que les fées réussissent des tours pendables. Par malheur, je suis moins puissant qu’elles. Changer une fille en garçon, ça n’a l’air de rien… ce n’est quand même point si facile qu’on le croit ! Il y a des épreuves : consentirez-vous à les subir ?
— Je les subirai ! dit Claude d’un ton résolu.
— Alors, dit l’Ermite, ne perdons pas un temps précieux !
Il conduisit Claude sous un cormier dont les branches étaient chargées de fruits verts. Puis il cueillit sept cormes et les mit dans les mains de Claude.
— Voici, dit-il, sept petites poires, jolies, mais dures. Vous les mâcherez et vous les avalerez… celles-ci ou d’autres, à votre choix, pourvu qu’elles soient bien vertes… mais vous les mangerez à la suite et sans interruption : ce point est tout à fait important ! Quand vous aurez terminé, j’espère que vous serez devenue garçon.
— Merci, monsieur l’Ermite ! je croyais que ce serait beaucoup plus difficile.
Le bonhomme, sérieux comme un pape, n’ajouta rien à ce qu’il avait dit.
Claude s’en alla, toute joyeuse, avec ses cormes dans la poche de son tablier. Elle pensait :