Puis, à Isidore avec l’accent de la plus ardente prière :

— Monsieur, soyez donc assez bon pour corriger cet atroce voyou ! Tuez-le, monsieur, tuez-le ! c’est votre droit. Vous n’auriez pas, par hasard, une matraque ?… ou bien un revolver ?… Hindenbourg ! ici !… Regardez-moi un petit peu cette figure de bagne !… Je vous en adjure, mon charmant jeune homme, mon ami, cassez-lui sa sale gueule ! L’occasion est belle ; puisque vous en avez le droit, cassez-la-lui !

— Permettez que je vous laisse ce soin, répondit Isidore, froidement. Pour l’instant, je veux avant tout me vêtir, car le vent du matin me fouette durement les reins… Je dois vous dire aussi que je réserve mon opinion, monsieur !

Isidore, très digne, s’enveloppa de son peignoir et passa derrière la carcasse d’un vieux bateau de pêche échoué là.

Lorsqu’il fut habillé et qu’il eut soigneusement roulé son peignoir, il se demanda comment il allait bien pouvoir employer son temps. Il ne lui fut pas autrement désagréable de voir venir vers lui le vieillard avec son chien.

— Monsieur, je vous prie d’agréer mes excuses les plus sincères. L’affreuse crapule que je traîne comme un remords…

Isidore, souriant, interrompit :

— N’en parlons plus ! fit-il rondement avec un geste magnanime.

Et il prit le pas du bonhomme qui suivait toujours, en se dandinant, la dernière ligne de bave et de varechs.

Le bonhomme reprit :