— Qu’est ça ?

— Les cherche-pain ! Charité, s’il vous plaît !

— Combien ? disait la voix.

— Deux, trois !

Parfois, ils frappaient en vain ; la porte ne s’ouvrait pas et ils attendaient des heures entières, grelottant aux mauvais jours.

Il leur arrivait de galopiner le long des routes, mais il fallait ensuite rattraper le temps perdu. Les tournées étaient longues, car il y avait des gens qui fermaient leur porte en disant :

— On ne donne plus !

On ne donne plus ! cela voulait dire qu’on avait donné, dans le temps, quand il y avait beaucoup, beaucoup de malheureux, quand des bandes de dix ou quinze cherche-pain passaient aux portes. Mais maintenant ce n’était pas le jour ! il n’y avait plus de cherche-pain au pays, il ne devait plus y en avoir ; il en était tant parti pour les Charentes ! Les malheureux qui restaient, la commune ne leur venait-elle pas en aide ?

La bru des Larin, qui était pourtant une proche voisine, pensait tout juste ainsi ; et comme elle était très sotte, elle l’expliquait à Bas-Bleu et aux deux petits drôles qui raccompagnaient.

— On ne donne plus ! vous êtes soutenus par la commune. Aujourd’hui les plus malheureux ne sont pas les malheureux ; allez-vous-en !