— Tu pars déjà ? demanda-t-elle.
— Il le faut ; le train passe à dix heures et quart à Château-Blanc. Je te souhaite bonne santé et bon courage, Madeleine… Tu sais, j’ai de l’attachement pour toi, je voudrais que tu sois heureuse… Nous avons été quatre ans l’un à côté de l’autre… Ça ne s’oublie pas. Et puis, il y a la chose que tu sais… entre Tiennette et moi… Madeleine, c’est ton tour d’avoir de la peine… Moi, je ne peux pas te consoler… Tu ferais bien de pleurer, Madeleine.
Il lui serrait la main et il disait : Madeleine… tu sais, ma pauvre Madeleine… ma bonne Madeleine… Il n’en finissait pas. Si bien que ce fut elle qui s’inquiéta.
— Tu n’oublies pas l’heure, Gédéon ?
Il eut une hésitation, puis il ôta son casque et dit :
— Madeleine, je voudrais t’embrasser avant de partir.
Elle se leva et tendit sa joue.
— Au revoir mon petit.
Il fit quelques pas, puis il s’arrêta.
— A propos, Madeleine… merci pour la bonne lettre que tu m’as envoyée là-bas. Elle m’a fait grand bien.