Mais il l’écarte d’une dernière poussée et son bras se lève, menaçant.

— Va-t’en !

— Jean, pourquoi es-tu ici ?

— C’est pour la mort… Va-t’en !

Madeleine revient, saute au bras levé qui brandit une arme.

— Qu’as-tu dans ta main ? donne-moi cela, entends-tu ?

Elle grimpe, elle rabat le poignet et saisit l’arme, une masse de cantonnier emmanchée de houx flexible.

Elle lutte et elle caresse, elle commande et elle supplie, elle honnit et elle flatte.

— Donne, Jean ! Tu as bu, tu ne sais plus ce que tu fais. C’est Boiseriot qui t’a enivré… un mauvais gars !… Moi, je viens te chercher, je te prends par la main… Il faut me suivre, il faut me croire… Allons, donne cela tout de suite ! Que veux-tu faire avec cette masse ? Jean, songe donc ! attendre quelqu’un de la sorte !… Tu es fou… et tu es lâche !… Entends-tu ? Si tu as de la rancune, explique-toi en plein jour… Tu es un lâche, un grand lâche !

— Il n’y a pas de lâcheté… Il ne s’agit pas de ça. C’est pour la mort… Lui d’abord, moi après.