— Peut-être ! mais une servante est une servante : on la paye et elle s’en va. Jamais ce travail-là ne vaudra l’autre.
— Bon ! je ne dis pas… Eh bien, mon gars, quand ton chagrin sera passé…
— Il ne passera pas.
— On dit ça… et de vrai, ça ne passe jamais… mais on se raisonne petit à petit… Veux-tu que je te parle, Michel ?
— Vous pouvez ! fit anxieusement le jeune homme. Vous, père, vous pouvez me dire tout.
— Eh bien, mon gars, il faudra te remarier… Ne te chagrine pas. Je ne dis pas : cette année ou celle qui vient… tu comprends ?… quand ta peine sera endormie… Cependant, le plus tôt vaudra le mieux, pour ta maison et pour tes enfants. Tu as une bonne servante, mais, comme tu le dis, elle peut partir d’un jour à l’autre…
— Et pour qu’elle reste, il faut que j’en fasse ma femme ?
Michel avait jeté cela très vite, sur un ton de colère.
— Je ne parle pas pour elle, ni pour aucune autre de ma connaissance. Cela te regarde seul. Je dirai seulement, si tu veux, qu’il t’en faudra une dans ce goût… oui, cela, c’est bien sûr… une bonne ménagère qui serait douce aux enfants et qui les mènerait à notre chapelle.
— Mon père, je vous en prie, ne parlons plus de ces choses.