Hipparchvs. Non, pour certain.
Socrates. As tu cette opinion que si vng patron de galere garnist ycelle d’vne meschante beaultre et de meschantes remes, il ne congnoisse bien qu’il en recepura dommage, et que par cela il est en danger que luy et sa galere et tout ce qui est dedans ne viennent à la fin à perdition ?
Hipparchvs. Certainement il ne peult ignorer cela.
Socrates. Il ne pretend doncq’ poinct de gaing de telz et si meschants instrumens ?
Hipparchvs. Cela est tout vray.
Socrates. Semblablement si vng chef de guerre voit son exercite mal en ordre et mal fourny d’armes, est il si hors du sens qu’il espere ou qu’il cuyde estre raisonnable de desirer quelcque gaing d’vne assemblée si mal munie des choses qui luy sont necessaires ?
Hipparchvs. L’oultrecuydance seroit trop grande.
Socrates. Pareillement si vng ioueur de flustes ou d’orgues, ou de harpe, a vng meschant instrument, ou si vng archier est contrainct d’vser d’vng meschant arc, et (pour le dire en brief) si tout artisan et sçauant en quelcque chose que ce soit, n’a les instruments telz qu’il luy faut et de tel appareil et estime qu’il appartient en tel cas, pensera il iamais faire gaing par choses de nulle value ?
Hipparchvs. Il est tout manifeste que non.
Socrates. Qui sont doncq’ ceulx que tu appelles couuoyteux de gaing ? Car il n’y en a nul de touts ceulx que ie t’ay nommés cy dessus, attendu que, selon ton dire, ils taschent de tirer gaing de certaines choses où gaing et proffit ne peult escheoir, et qui sont hors de la prudence humaine.