L'abbé de Saint-Réal est un historien remarquable pour sa correction et pour l'intérêt dramatique qu'il sut donner à l'histoire. Son meilleur ouvrage est son Histoire de la Conjuration des Espagnols contre Venise.

Après les grands poëtes du siècle, il y a lieu de citer Jean-Baptiste Rousseau, dont les poésies lyriques, psaumes, odes et cantates, se recommandent par l'élévation des sentiments et l'harmonie soutenue des vers; Regnard, qui sut se faire applaudir, après Molière, par de spirituelles comédies, telles que le Joueur et le Légataire universel; Mme. Deshoulières à laquelle ses Idylles, aux douces émotions et d'une facture charmante, assurent un rang honorable dans la poésie pastorale.

Les sermons de Bourdaloue et les sermons de Massillon sont, avec les oraisons funèbres de Bossuet, les plus belles productions de l'éloquence religieuse au XVIIe siècle. Chez Bourdaloue cette éloquence est austère, puissante, intellectuelle; chez Massillon elle est suave, harmonieuse, pathétique. Le plus grand succès de ce dernier est le Petit Carême, série de sermons prêchés devant Louis XV, âgé de neuf ans.

Port-Royal, dont la robuste influence se fit sentir sur l'éducation de la jeunesse en général, et sur deux des plus grands classiques français en particulier, produisit aussi quelques écrivains distingués. Les plus connus sont Arnaud et Nicole.

Arnaud était un travailleur infatigable. Son impétueuse activité l'empêcha de donner à ses œuvres le soin qu'il aurait fallu. Il en produisit un nombre considérable. La plus importante est sa Logique ou l'Art de penser, livre vraiment classique, et un des plus utiles qu'il y ait pour le perfectionnement de la raison.

Nicole est un écrivain qui n'eut d'autre mobile que l'amour du prochain. Il écrivit des Essais de morale et un Traité des moyens de conserver la paix avec les hommes. Ne lui demandez point d'efforts d'art ou d'imagination, point d'éloquence, si ce n'est celle d'une honnête conviction. Il est simple et clair, insinuant sans artifice, tendre avec bon sens, et toujours dans les bornes d'une aimable et saine philosophie.[(Back to Content)]

LIVRES À LIRE,

Et à recommander pour la formation d'une bibliothèque.

De toutes les substances qu'on trouve dans une pharmacie, disait un médecin, choisissez-en vingt avec discernement, et vous pourrez vous passer du reste. À plus forte raison, dirions-nous, de toutes les œuvres d'une génération qui remplissent le catalogue d'un libraire, choisissez-en vingt avec discernement, et vous pourrez vous passer du reste. Une génération ne produit pas plus d'une vingtaine d'œuvres d'un intérêt universel, et ce sont celles-ci seules qui méritent de paraître sur les rayons d'une bonne bibliothèque. Hormis les cas d'études spéciales, c'est la qualité qu'il faut chercher, pas la quantité ni la nouveauté. Peu de livres, mais les meilleurs; ceux-là qui se recommandent par ce qu'il y a de bon et de beau indépendamment des temps et des lieux, ceux qu'en trouve toujours du plaisir et du profit à lire et à relire.

Tels sont les livres suivants, appartenant au cycle littéraire que nous venons de parcourir: