Nous commençâmes par nous regarder en chiens de faïence. Lui, attachait sur moi de gros yeux où je lisais la surprise de me trouver dans ce logis dont la clé, restée extérieurement sur la serrure, avait donné, sous sa main, ses deux tours. Qu'un voleur s'enferme dans le local qu'il va dévaliser, oui; qu'il s'enferme en dedans, rien n'est plus logique. Mais tel n'était pas mon cas. La clé, mise en dehors, m'attestait bel et bien prisonnier... De qui? pourquoi? depuis quand étais-je prisonnier? Il y avait là un mystère qui l'intriguait.

Moi, de mon côté, je me demandais quel était ce monsieur, et si ce n'était pas lui qui m'avait joué le tour de me claquemurer.

Je ne sais combien de temps nous serions restés à nous fixer dans le blanc des yeux, si un incident ne s'était présenté pour me faire rompre le silence.

Aux pieds du monsieur, sur le parquet, j'aperçus une lettre que je lui montrai en disant:

—Je crois, monsieur, que vous venez de perdre ce papier.

—Non, répondit-il.

Ce disant, tout machinalement, il jeta les yeux sur la lettre qui s'offrait toute large ouverte, sur le parquet, à son regard.

A la vue de l'écriture, l'étonnement apparut sur sa face.

Il se baissa brusquement, ramassa la lettre et, sans penser qu'il venait de me dire que la missive n'était pas à lui, il se mit à la lire.

Je l'examinais pendant cette lecture.