Bientôt le docteur atteignit la rue de Rivoli qu'il suivit dans la direction des Champs-Elysées.

A cette heure avancée, beaucoup de fiacres, dont la remise était située à Passy, remontaient à vide les Champs-Elysées.

En trois bonds, Walhofer fut derrière une de ces voitures que son cocher venait d'arrêter sur un signe de Gustave. Ainsi caché, le baron tendit l'oreille au dialogue entamé entre le docteur et le cocher.

—C'est pour aller du côté de mon remisage, pas vrai, bourgeois? demandait l'automédon avant d'accepter son voyageur, car, si près de son lit, il ne tenait pas à rentrer dans Paris.

—Pour aller à Billancourt, annonça le médecin.

—Oh! alors, ça peut encore se tirer. J'en serai quitte pour faire attendre mon traversin un petit quart d'heure.

—Non, non, fit vivement Gustave. Une fois à Billancourt, il faudra m'attendre pour me ramener au boulevard Poissonnière.

—Si c'est ça, impossible, bourgeois. La journée a été rude, voyez-vous. Homme et cheval ont besoin de repos... Impossible, je vous le répète, bourgeois...

—Dix francs de l'heure! articula Gustave.

Le cocher, qui avait déjà le fouet levé pour faire partir sa bête, arrêta son geste.