—Les parrains (dénonciateurs) et marraines ont trop bavardé sur son compte; il aura le cou fauché.
—Quand?
—Il paraît que tous les pourvois sont rejetés; ce sera donc dans deux ou trois jours.
Une lueur de rage froide éclaira l'œil du Marcassin, qui poursuivit:
—Pourquoi Doublet ne s'est-il pas évadé avec toi?
—Parce qu'il était trop gros. Comme moi, il s'était fait admettre à l'infirmerie. Au dernier moment, il n'a pu passer par le trou qui a facilité ma fuite... trou tellement étroit que, pour m'y glisser, j'ai dû abandonner ma veste.
Cela dit, François sourit et ajouta:
—Heureusement que j'ai de la mémoire.
Le Marcassin le regarda sans comprendre.
—Ce qui veut dire, reprit le Chauffeur, qu'il ne m'en a pas cuit pour avoir laissé ma veste. Alors que nous nous promettions de fuir ensemble, Doublet me parlait des bons coups que nous trouverions encore à faire en pays des chouans et des Vendéens, où nous irions organiser une nouvelle bande et il me parlait de toi qui nous donnerais un coup de main.