Et après avoir vidé son verre, il ajouta:
—Quand ce ne serait que celui qui, pendant la nuit, est venu empoisonner le cheval de Doublet, dont on devait se servir le lendemain pour découvrir l'endroit où l'aubergiste transportait ses écus, comme l'avait proposé un grand desséché qui se trouvait là.
—Ça, c'est vrai, avoua le brigadier.
Puis, en homme loyal, il reprit:
—Il faut même avouer que celui qui a fait le coup était un rude finaud qui, mes hommes et moi, nous a joués par-dessous jambe. Aussi, le lendemain, le lieutenant Vasseur, qui était furieux, nous a-t-il rudement lavé la tête. J'étais dans mon tort, je n'ai pas desserré les dents.
Et, en branlant la tête, le brigadier ajouta:
—N'empêche que si le lieutenant n'avait pas été tant à la tempête, j'aurais pu—il est vrai que c'eût été de la moutarde après dîner—lui faire part de deux détails que j'avais relevés.
—Quels détails? demanda Lambert curieux.
—Quand je dis deux détails, il y a gros à parier que je n'en aurais avoué qu'un seul, le second... car le premier m'avait inspiré un si étrange soupçon, que le lieutenant m'aurait traité d'idiot si je le lui en avais fait part.
—Pas possible! C'était donc bien extraordinaire?