C'était le Marcassin qui se présentait.
—Général, annonça-t-il tout troublé, on envoie d'Ingrande vous prévenir que, dans la matinée, une bande a pillé une ferme entre Loirière et la Cornouaille. Le fermier, son fils et une servante ont été chauffés. La servante a seule survécu à ses tortures.
—La bande de Coupe-et-Tranche? demanda Labor, rouge de colère et à demi étranglé par le juron qu'il avait été contraint de ravaler devant la comtesse.
—Non, une autre bande, paraît-il, répondit le Marcassin.
Puis en montrant la cour:
—Du reste, général, ajouta-t-il, si vous désirez des renseignements, c'est chose facile à avoir, car, du cantonnement, on vous a expédié l'homme même qui est venu apporter la nouvelle à Ingrande. Il est dans la cour qui attend.
—Fais-le monter, commanda la veuve à un regard de Labor qui sollicitait la permission de laisser venir l'homme en question.
Au bout d'une minute, le messager, amené par le Marcassin, fit son entrée.
C'était un pauvre diable plus long qu'un jour sans pain, plus maigre que le carême en personne.
—Ton nom? demanda le général.