—À coup sûr, notre homme devait être là quand le grand desséché a proposé son moyen de retrouver les écus de Doublet en se servant de son cheval... Alors, l'inconnu a eu l'idée d'exploiter le moyen pour son compte; puis, après son expédition achevée, il a coupé l'herbe sous le pied des autres en tuant le cheval.

Tout cela était logique au possible. Aussi l'auditoire peu à peu s'était-il laissé convaincre. Un point restait encore à éclaircir.

—Et vous croyez que cet inconnu devait être un gendarme? demanda Lambert.

—Par la tranquillité qu'ont gardée, quand il est entré dans l'écurie, mon cheval et celui de Potain, deux bêtes, je le répète, qui s'effarouchent à tout casser, il est évident que notre personnage leur était familier... Donc, c'était un gendarme, conclua le brigadier.

—Mais, fit Lambert, il est alors facile à découvrir! Vous n'avez qu'à vous rappeler quels étaient ceux des nôtres qui se trouvaient là quand celui que vous appelez le grand efflanqué a proposé son idée.

—Oui, fit le brigadier en homme dérouté, c'est là précisément où je perds la carte... Au moment en question, en fait de gendarmes, il n'y avait avec moi que le lieutenant Vasseur.

Le brigadier achevait sa phrase quand une voix brève, qui sonnait le commandement, prononça cet ordre:

—Fichet, selle mon cheval!

C'était le lieutenant Vasseur qui venait d'entrer dans la salle.

[III]