—À propos, dit-il, tous nos gens de la plaine sont-ils rentrés?
—Pas un seul.
—Pourquoi? gronda le métayer brusquement.
—Le petit gars de Loirière, qu'ils ont expédié et qui est parvenu à passer, m'a expliqué la chose. Il paraît que le retour leur est coupé par des postes de douze ou quinze soldats, échelonnés de façon à pouvoir se secourir, qui surveillent la plaine. Il faut donc que nos hommes attendent la nuit pour s'éparpiller. Alors, un à un, ils franchiront la ligne.
—Oui, mais le fourgon?
—Il leur faudra l'abandonner dans le bois de Segré, après l'avoir vidé de son contenu, qu'on enterrera en attendant l'heure propice pour aller le chercher.
Ce moyen ne semblait pas être du goût du Marcassin, qui reprit:
—Il faut faire déguerpir ces troupes.
—Pas à main armée, j'imagine.
—Non, mais en les lançant sur une fausse piste. Il réfléchit un peu, puis, en ricanant: