—Ta! ta! ta! fit-elle avec un redoublement de gaieté. Est-ce que, dans la noble race des Biéleuze, on sait travailler à quoi que ce soit? Vous êtes créés et mis au monde pour faire sauter l'argent. Le jour où il vous fait faute, vous ne valez pas même un maçon. Dépenser les écus, c'est votre lot. Mais en gagner, à d'autres!

Et, toujours avec une insolence gouailleuse:

—Un Biéleuze gagner de l'argent! Ah! la bonne bourde! Comment, diable, s'y prendrait-il?

Alors elle me regarda et, en ricanant, elle articula:

—À moins que ce ne soit en trichant au jeu. À mon avis, c'est la ressource d'un Biéleuze.

Il fallait que je fusse bien ensorcelé par la maudite pour ne pas m'être révolté en l'entendant ainsi parler.

Elle me congédia.

Mais le lendemain, je revenais encore.

—Ah çà! fit-elle, tu ne comptes pas que, jusqu'au jugement dernier, je vais te répéter le même refrain. As-tu de l'argent? Non, n'est-ce pas? Alors laisse de bonne grâce la place à un autre. Il me faut la vie luxueuse. J'offre ma beauté à qui me la paye. Va-t'en donc, puisque tu ne peux plus fournir aux frais.

À son cynisme, je ne pouvais qu'opposer ma passion profonde, sincère, dévouée.