—La succession de cet oncle ne pouvait-elle pas lui revenir un jour?

—Non, car le marquis de Brivière avait une fille. Il n'y a pas même longtemps que j'ai entendu dire à mon défunt maître que cette fille, sa cousine, s'était mariée à l'étranger, où elle a épousé un émigré, le comte de Méralec.

Et Croutot se résuma en disant:

—Bref, je le répète, je n'ai jamais vu venir ici un parent de M. le vicomte. Jamais personne n'est arrivé de Beaupréau pour lui rendre visite.

Il se ravisa vivement pour s'écrier:

—Ah! si, si, je me trompe. Il s'est présenté quelqu'un… mais ce quelqu'un n'était nullement de sa famille… C'était un pays, tanneur à Beaupréau, qui avait fait le voyage pour venir consulter un médecin célèbre de Paris au sujet d'une bien extraordinaire maladie dont il souffrait… Figurez-vous que ce Pitard, c'est son nom, était affligé d'une faim d'ogre que rien ne pouvait rassasier. Tout le temps qu'il a passé à Paris, il s'est assis à la table de mon maître qui riait comme un fou de le voir dévorer.

L'idée me vint de rattacher Julie l'inconnue à l'existence de ce vorace
Pitard.

—Est-ce qu'il n'était pas venu à Paris avec sa fille? demandai-je.

—Une fille? fit Croutot surpris, quelle fille?

—N'avait-il pas une fille nommée Julie?