—Pas le moins du monde, attendu qu'il était célibataire.

Je regardai l'avorton bien en face pour étudier son visage et je lui demandai:

—Fille de Pitard ou non, tu n'as jamais vu entrer chez ton maître une femme portant le prénom de Julie?

—Jamais! affirma Croutot dont la figure exprima l'ignorance la plus sincère.

Il confirma son dire en continuant d'un ton désolé:

—Mon pauvre maître, malheureusement pour lui, était trop accaparé par certaine gourgandine pour penser à recevoir une autre femme.

En somme, je ne pouvais insister. Ce qui concernait cette Julie était le secret du vicomte, secret qu'il avait malheureusement emporté dans la tombe, et, à en vouloir trop parler, je risquais de donner l'éveil au valet.

—Va déclarer le décès à la section, commandai-je au nabot, qui partit sans hésitation.

Pendant son absence, je fouillai meubles et armoires, non pour retrouver la lettre disparue, mais avec l'espérance de découvrir dans les papiers du mort quelque note qui me renseignât sur cette mystérieuse Julie.

Ils n'étaient pas nombreux, les papiers de l'infortuné Biéleuze. Des actes de procureur attestant la vente successive de toutes les propriétés dont le prix avait été jeté aux caprices de Suzanne; une trentaine de lettres de cette fille; puis quelques papiers de famille.