Alors, avec un large sourire plein d'indulgence pour tant d'amour et d'une voix sévère:
—Allons, ma jolie entêtée, dit-il, permettez-moi de vous ramener dans le château de vos ancêtres.
Le général allait déposer sur son front un baiser d'époux, quand il tourna brusquement la tête au bruit d'un pas qu'il entendit derrière lui.
À côté du métayer Cardeuc, il aperçut un beau vieillard à la chevelure d'un blanc de neige, à l'air vénérable et calme de ces justes qui vont bientôt toucher aux vérités éternelles; bref, une de ces têtes qui commandent le respect et appellent presque une génuflexion.
L'imposant vieillard, les deux mains étendues comme s'il bénissait le général, prononça d'une voix lente et calme, pleine d'une conviction sincère:
—Heureux ceux qui s'aiment d'amour pur, car le Seigneur est avec eux!
C'était cette canaille de Notaire qui venait de quitter sa retraite pour faire son entrée en scène.
—Un saint descendu de son cadre! pensa le général à la vue de ce patriarche.
Et le vénérable vieillard, levant un doigt au ciel, continua:
—L'Écriture a dit: «Que le lion superbe défende la faible brebis imprudente.» En conséquence, général, faites votre devoir en ramenant vos soldats.