—Comme je vous le disais et on a rapporté de drôles de nouvelles, allez! Figurez-vous que, sous un petit couvert de bois, le long du mur d'enceinte du parc de la Brivière, on a retrouvé les hommes, partis avec le Beau-François, tous les trois étranglés. Couchés sur l'herbe, ils ont dû être surpris quand ils dormaient. Ah! celui qui leur a serré le gaviot peut se vanter d'avoir une rude poigne! ils avaient le gosier aplati!
Sans s'arrêter à cet éloge qui, indirectement s'adressait à lui, puisque c'était lui qui, la nuit dernière, avait expédié les trois drôles, Coupe-et-Tranche reprit:
—Et le Beau-François?
—Voilà où est le mystère, de lui, nulle trace.
Mieux que personne, Cardeuc savait ce qu'était devenu le colosse, puisque, lorsqu'il était attaché à l'arbre, il avait vu le Beau-François se glisser dans l'ouverture du souterrain et qu'il savait, par Suzanne, que son ennemi, perdu dans l'obscurité et les méandres des couloirs, devait, à cette heure, y pester de rage et de faim; mais la pensée lui était brusquement venue de profiter de la circonstance qui s'offrait pour anéantir la bande de son rival.
Aussi lâcha-t-il en traînant cette phrase:
—Oh! le Beau-François doit être loin, s'il court encore depuis qu'il a fait son coup.
—Quel coup? demanda Court-Talon étonné.
—Comment, niais, tu n'as rien deviné? Tu n'as pas compris que le Beau-François avait trouvé un coup à faire au château de la Brivière… et même un coup si fructueux qu'en pensant qu'il lui faudrait partager avec ses trois hommes, il a réglé leur compte en les étranglant?
—Il est bien assez canaille pour ça! fit Court-Talon, acceptant tout d'abord cette version.