Si mince était la porte de communication que mon oreille perçut le faible bruit du papier de l'enveloppe déchirée par madame de Biéleuze.
Il y eut un silence. Elle lisait l'écrit.
Soudain, je tressaillis de terreur.
Dans la chambre voisine venait de bruire sourdement une sorte de rauquement douloureux, le souffle saccadé d'une personne qui étouffe.
Alors me revint mot à mot à la mémoire la phrase de Garnier, me répétant le dire du médecin Branchon sur sa cliente, atteinte d'une maladie de coeur:
«Elle en a encore pour quatre ou cinq mois; comme il se peut aussi que, tout à coup, à la suite d'une violente émotion, par exemple, crac! elle trépasse étouffé.»
Cette violente émotion, madame de Biéleuze venait-elle de l'éprouver en lisant la lettre, qu'au lieu de se faire adresser directement à son domaine, elle était venue chercher en un endroit convenu!
Et le souffle sinistre continuait.
Je n'y pus tenir et je m'élançai contre la porte de communication, qui céda à ma poussée.
Une main posée sur son coeur qui allait se rompre, la comtesse, à demi déshabillée, se tenait debout, en s'appuyant, de son autre main qui se crispait au bord d'une table, sur laquelle se voyait un petit portefeuille gonflé de papiers.