À coup sûr, c'était cet écrit qui avait tué madame de Biéleuze. Je le ramassai pour le lire.

Il ne contenait que cette seule ligne:

Aubert a été guillotiné ce matin.

Et c'était signé: Un clerc.

Une dernière fois, j'allai tâter les mains de la comtesse. Elles étaient glacées et nul souffle n'expirait de ses lèvres déjà décolorées.

Madame de Biéleuze était bien morte!

Je pris sur la table le petit portefeuille qu'elle m'avait indiqué; j'y enfermai la lettre dont la teneur tragique lui avait donné le coup de la mort et, après un dernier regard sur le cadavre de celle qui, pour ainsi dire, m'avait nommé son exécuteur testamentaire, je rentrai dans ma chambre, après avoir pris soin de rajuster, tant bien que mal, la porte de communication.

Le lendemain, au petit jour, je descendis pour seller mon bidet et continuer ma route.

Le premier que je rencontrai dans la cour fut l'aubergiste qui, en m'apercevant, eut un souvenir:

—Ah! à propos! hier soir, quand vous étiez monté à votre chambre, Garnier, le cocher de la comtesse, m'a chargé, si je vous voyais avant lui, à votre départ, de vous transmettre une commission qu'il avait oubliée de vous donner… celle, puisque vous serez arrivé à Paris avant lui, attendu que sa maîtresse malade voyage à petites journées, d'aller prévenir son cousin Croutot de sa très prochaine visite… Croutot, vous rappellerez-vous ce nom?…