Je savais, par ouï-dire à Beaupréau, que le fils de madame de Biéleuze habitait Paris où, ajoutait-on, il menait folle vie.—Mais j'ignorais l'adresse du jeune homme.
Je ne trouvais de bien compréhensible qu'une seule des dernières recommandations de la morte.
«Allez voir le successeur d'Aubert,» m'avait-elle dit.
Oui, j'étais tout disposé à aller le voir, mais que pourrais-je lui dire? N'y aurait-il pas imprudence à raconter toutes les circonstances de la mort de la comtesse? Ne fallait-il pas tout d'abord tâter le terrain pour m'assurer si ce successeur était au fait du mystère concernant la comtesse et le précédent propriétaire de l'étude?
Il m'était nécessaire aussi d'inventer un prétexte pour rendre visite au nouveau tabellion; mais, sur ce point, je ne fus pas longtemps embarrassé. Les rapports qui avaient existé entre Aubert et la comtesse me persuadaient que je pouvais m'adresser en meilleur endroit qu'à cette étude pour avoir l'adresse du jeune vicomte de Biéleuze.
Je m'enquis auprès de mon aubergiste parisien de l'Âne-d'Or.
—Oh! oh! fit-il, on leur rend le métier dur aux notaires en ce moment.
Et quand je lui eus nommé Aubert.
—C'est un notaire à trente sous, un nommé Taugencel, qui occupe la place. Si vous avez affaire en cette étude, vous n'aurez pas loin à aller: c'est là tout près, à deux pas, dans la rue Françoise, m'indiqua-t-il.
Je m'y rendis aussitôt.