Quand j'atteignis la maison, un jeune homme, arrêté devant la loge, écoutait le portier qui était en train de lui dire:
—Inutile de monter, citoyen. Si c'est personnellement au notaire que vous avez à faire, vous ne le trouverez pas, il est à un inventaire.
En apprenant ainsi par ricochet l'absence du tabellion, j'allais donc me retirer, quand j'entendis le jeune homme, qui, semblait contrarié du retard, demander encore, afin de ne pas renouveler une démarche inutile.
—Demain, n'est-ce pas, je puis être sûr de rencontrer Me Taugencel?
—Oui, très sûr.
—À quelle heure la visite de ses clients laisse-t-elle le plus de chance de le trouver seul dans son cabinet, insista le jeune homme.
Le portier le regarda comme s'il entendait une demande saugrenue, puis il secoua la tête en disant:
—Me Taugencel n'est jamais seul.
Le questionneur prit cette réponse pour une exagération du zèle du portier à vanter le tabellion, son locataire. Il eut un sourire en répliquant:
—Si grande que soit l'affluence de ses clients, j'aime à croire qu'il est seul quand il dîne.