—La personne qui m'a donné la commission supposait que le vicomte devait être de vos clients.

Taugencel hésita plus fort cette fois. Il parut se tâter avant de poursuivre. Enfin, il finit par dire:

—Cette personne, n'est-elle pas sa mère?

J'aurais bien répondu oui, puisqu'on somme c'était la volonté dernière de madame de Biéleuze qui m'avait fait venir chez le tabellion, mais je ne sais quel instinct de prudence me retint.

—Je ne connais pas la mère du vicomte de Biéleuze, affirmai-je.

Et je fis un pas vers la porte.

Décidément, le notaire tenait à m'arracher un nom, car il reprit en insistant:

—Sans doute alors quelque message d'amour?

Je n'avais pu pénétrer le secret de madame de Biéleuze, et je sentais qu'en ce moment, les questions du notaire tâtaient un terrain qui m'était inconnu. Ma conviction s'était faite subite et profonde sur Taugencel. Cet homme était un coquin. J'avais conscience que me fier à lui serait contraire aux intérêts de la morte. Je répondis donc sèchement:

—La personne qui veut avoir l'adresse ne m'a pas autorisé à la nommer.